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« L’histoire naturelle connaît trois grands estomacs : le requin, le canard et Victor Hugo. »
Charles-Augustin SAINTE-BEUVE (1804-1869), cité dans Les Contemplations gourmandes, Florian V. Hugo, arrière-arrière-arrière-petit-fils en ligne directe.
Auteur et célèbre critique à la dent dure, Sainte-Beuve prétendait avoir vu de ses yeux son illustre confrère faisant dans son assiette de fabuleux mélanges de côtelettes, haricots à l’huile, bœuf à la sauce tomate, omelette au jambon, café au lait relevé d’un peu de vinaigre, de moutarde et de fromage de Brie, le tout avalé indistinctement très vite et très longtemps.
Il avait une recette très personnelle pour aider à la digestion de ses repas pantagruéliques : à la fin du déjeuner, il se faisait apporter sur un plat un morceau de charbon de bois qu’il croquait en entier pour détruire les « corruptions, miasmes et pestilences de son estomac. »
On cerne mieux le Hugo amateur de bonne chère (et de chair) : « Il mangeait comme il embrassait la vie : passionnément et pas toujours dans la finesse », décrit son descendant.
Dès le matin, il gobait des œufs au petit déjeuner. Il dévorait souvent des côtelettes ou du bœuf en sauce après des asperges en entrée. Sans oublier les soupes.
« Mon ancêtre était un gros mangeur. Un homme plus gourmand que gourmet. Il voulait voir beaucoup de plats à table pour faire des gribouillis, comme il disait : il piochait dans tous les plats et mangeait un peu de tout. »
Il raffolait de homard dévoré dans sa carapace, ou d’oranges croquées à même la peau. « Il n’aimait pas le chichi, comme on dit chez nous à Marseille. » C’est là que Florian V. Hugo a grandi, débutant des études de droit… avant de bifurquer vers la cuisine.