De Lucy à Paul Bocuse, c’est un peu toute l’histoire de l’Humanité qui se lit dans l’évolution de notre alimentation. Pour aller de la cueillette à la cuillère, il nous aura quand même fallu plus de 3 millions d’années !
Du coup, on a inventé d’autres modes de cuisson : la pierrade, l’étouffée, le bouilli… Du foyer ardent est née la cuisine qui a nourri un lien social fort autour du repas.
L’homme de Cro-Magnon, redoutable chasseur et pêcheur, a appris à conserver ses trophées par le séchage et le fumage, avant de s’initier à la culture et à l’élevage.
En hors d’œuvres, il y avait des œufs, de la salade et du moretum (fromage aux herbes et épices), et en dessert, des fruits et des gâteaux. Un recueil de recettes écrit vers l’an 400 (De Re coquinaria d’Apicius, ou L’art culinaire d’Apicius) témoigne d’un savoir-faire déjà très élaboré, base de la gastronomie française : pâtés, truffes, foie gras, quenelles, jambon en croute, sauces émulsionnées, pâtes de coing, flans, pâte à choux…
Au Moyen-âge, la cuisine romaine reste l’apanage des élites, mais sous l’influence des Francs et des Barbares, la viande, désormais souvent rôtie, devient dominante au détriment des légumes, du moins chez les plus aisés, et l’huile d’olive cède la place au saindoux.
C’est aussi la grande époque des tourtes et tartes que l’on va faire cuire chez le boulanger. Les repas de cérémonie comptent de quatre à douze services de plusieurs plats, un peu comme un buffet d’aujourd’hui. C’est le service à la française. On mange à table et on commence à utiliser couteaux et cuillères, en plus des doigts, mais la fourchette et l’assiette ne feront leur apparition qu’à la Renaissance.
Les grands navigateurs ramènent des aliments nouveaux : dinde, chocolat, café, thé, tomate, haricot, courge, courgette et la fameuse pomme de terre, méprisée jusqu’à ce qu’Antoine Parmentier en démontre les bienfaits au XVIIIe siècle. Et avec elle, les légumes et les fruits reviennent en grâce. On invente le champagne, la mayonnaise, la crème chantilly…
C’est aussi l’époque de la création des restaurants, au sens moderne de cuisine plaisir, par des chefs laissés sans travail par l’exode de leurs riches maîtres sous la Révolution.
Un mélange de recettes sophistiquées et de plats du terroir. Elle va se réinventer dans les 1970 avec la Nouvelle cuisine mitonnée par des chefs qui rejettent les sauces lourdes, subliment les produits et innovent dans les alliances de saveurs et de textures. Une gastronomie qui revisite les terroirs et les traditions façonnées par l’histoire, avec simplicité, franchise et générosité.